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Trump et les medias : l’homerisation de la campagne présidentielle américaine.

En dehors du jugement ou des opinions politiques en vigueur, l’ascension de Donald Trump jusqu’aux présidentielles américaines est un sujet qui revient souvent dans mes cours d’Education aux Medias. Et cela me soulage d’un côté car la conscience politique n’est pas morte et enterrée chez mes jeunes elèves, mais en même temps, cela me fait réellement m’interroger sur la place et le rôle des médias.

Plus profondément que la simple question de l’exposition médiatique si chère à la politique française, (parler de lui, c’est déjà lui faire de la publicité) c’est vraiment son rapport aux medias qui remet en cause véritablement l’image de l’homme politique.

Remy Riffle dans son ouvrage Sociologie des medias (voir l’analyse de Valérie Croissant ici ) parle d’un « modèle marketing de la communication politique » et je crois que Donald Trump a réellement atteint des sommets dans ce domaine. Comment ce personnage grossier, frôlant le ridicule, antipathique et de mauvaise foi va-t-il atteint les marches des élections présidentielles ?

Simpson

Je crois qu’inconsciemment j’ai choisi le bon terme Donald Trump nous vend un personnage. Ce n’est plus un homme politique auquel on va prêter des vertus de leadership mais un héros de télévision qu’on prend l’habitude de côtoyer un peu comme Homer Simpson.

Donald Trump a mis en place sa campagne pour les présidentielles comme une émission de téléréalité. Pour reprendre les analyses de Remy Riffel. Toute les composantes du marketing publicitaire est là :

La personnalisation. Trump s’est démarqué par son histoire personnelle, son parcours de self made man ( ?) qui incarne le rêve américain demain.

Il joue sur la peopolisation Chaque jour, nous attendons une déclaration choc, une bourde, un scandale. Mais à travers ses déclarations outrageuses ou intempestives, il fait le buzz quasiment chaque semaine là où l’on retrouve Hilary Clinton dans des reportages sur ses problèmes  de sante ou ses démêles politiques.

La théâtralisation de chaque apparition de Donald Trump est également une composante importante. Il surgit toujours la ou les medias l’attendent le moins (dans des twitts avec le président mexicain, en envoyant un membre de son staff pour rencontrer Poutine) mais en Emme temps en déstabilisant les medias, il orchestre son propre agenda.

Lors du premier débat présidentiel de cette semaine, ce qui m’a frappé c’est la rhétorique qu’utilisait Donald Trump par rapport à Hilary Clinton : des phrases chocs, des exemples marquants voire indécents, un langage simple qui s’opposait aux discours raisonnables et « politiquement classiques » d’Hilary Clinton. Même si les sondages semblent indiquer qu’Hilary Clinton a bien tiré son épingle du jeu, il ressemble cependant eu Donald Trump ne s’est pas détourné de sa ligne de conduite, donc n’a pas decu ses partisans fidèle a lui-même sans pour autant aller suffisamment loin pour être vu comme « non-présidentiable ». Suffisamment mordant et agressif sans aller trop loin, il a réussi à déplacer le débat sur des attaques personnelles auxquelles Hilary Clinton répondait Il a donc réussi à abaisser le débat sans commune mesure par exemple avec le débat Obama/ Romney

Un resumé du debat Fact checking ici

Par comparer le debat Obama/ Rowney

Un des commentateurs à la fin a d’ailleurs bien précise ce sentiment La question immédiate a la fine tant de savoir que ; candidat avait dominé le débat : il a assené que le grand perdant de ce débat c’était le peuple américain car 70% du débat relevait de commentaires personnels ou d’attaques.

L’utilisation des sondages est également un atout dans l’argumentaire de Trump. Il les utilise comme des vérités absolues, des reflets de l’opinion populaire. Nous assistons à une avalanche d’estimation de tous genres avec par exemple des sondages sur l’issue du débat au sein d’une majorité de sondés Républicains ou Démocrates ici. On peut vraiment se poser la question de leur usage et de leurs finalités (Bien sur chaque parti accordera le bénéfice fut-il du doute à son propre candidat.

Au delà du simple enjeu des élections, ce phénomène Trump dans le sens médiatiques du terme me fait vraiment m’interroger sur les effets de certains types de couverture médiatique. Les enjeux électoraux de ce type de débat, grand exercice américain ne sont pas autour des partisans acquis à chacun des candidats, mais ce qui se joue c’est le pool des indécis et il me semble que Donald Trump en continuant à incarner ce personnage semble réellement déplacer le débat : le people prend le pas sur le politique

Voir le résume de ce débat par CNN ici

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