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Pédagogie active et nouvelles attitudes : le syndrome du prof perdu

L'innovation, ce n'est pas toujours facile. Cette année, j'ai réalisé plus de projets que les années précédentes mais en même temps je me suis posé beaucoup plus de questions. En effet, j'ai beaucoup de mal à remettre en cause mes attitudes de professeur. Complexe de prof-doc sans doute, j’essaie vraiment de réfléchir à la position dans laquelle je veux mettre les élèves et aux objectifs que j'attends par rapport à son rôle dans la classe.

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 Ainsi j’en suis venue à définir trois moments lors des projets : un moment d’organisation, un second temps consacré à la démarche d'investigation documentaire élèves chercheurs et enfin quelque chose qu'on oublie souvent le moment de communication, de partage, de transmission des connaissances aux autres.

Tps forts eleves

En réfléchissant à ces différentes attitudes qui sont valorisantes pour les enfants dans la mesure où les taches sont bien définies et authentiques, c'est également le rôle du professeur qui ce qui est remis en question. En effet, il est parfois très dur de laisser les groupes en autonomie et d'assurer un rôle d'accompagnement plutôt que de construction du cours.

 Cela m'est difficile et cela est super difficile pour mes collègues qui ne peuvent s'empêcher d'intervenir. Mon travail en Master de recherche m’a ainsi appris que l'évaluation pouvait se faire de façon qualitative, en écoutant les conversations sans un groupe, en ôtant les attitudes de chacun, en intervenant non pas directement mais en prenant des notes pour réorienter les différentes activités au cours d'un projet.

La plupart de mes collègues professeurs, notamment les plus enthousiastes à travailler en projet, ont beaucoup de mal à se mettre en retrait par rapport aux élèves. Il ne s'agit pas du tout de les abandonner à leur sort,  mais de leur laisser un espace de travail et d'autonomie qui sont susceptibles de s'approprier afin de comprendre les enjeux des tâches demandées.

J'ai essayé plusieurs solutions depuis la diversion de demander à l'enseignant d'aller faire des photocopies jusqu'au signal visuel menaçant à l'intention du même professeur. Mais il est très dur de remettre en cause son statut de professeur dans le sens de « celui qui sait » l’expert,  pour revenir au rôle véritable de pédagogue, dans le sens étymologique de « celui qui accompagne ». Comment gérer efficacement ses changements de polarisation?

Tps forts profs

Une des postures compréhensibles par les élèves, c'est le travail en collaboration synchrone. par le biais de Google doc par exemple je consulte les documents sur mon ordinateur,  puis je mets des commentaires ou je me dirige vers le groupe pour leur donner des conseils. Je suis capable de faire un retour in-situ, chacun a sa zone de travail, mais les élèves ne sont pas laisses a l’abandon. Mais mon irruption interrompt parfois leur réflexion personnelle ou en groupe.

Avec les plus grands (4eme, 3eme), j’essaie de leur donner une autonomie importante durant l’heure de recherche, je leur donne des retours avant la séance suivante, mais en échange je leur demande un journal de recherche (très bref) une ligne et je confronte mes propres constatations :

Élèves : Bonne séance de travail

Moi l’historique de Google doc marque une avancée de trois lignes…

J’essaie également de « vendre » à mes collègues le fait que ces temps de travail en autonomie sont peut-être aussi l’occasion d’une autoévaluation des élèves sur les compétences.

A la fin de la séance, j’ai réussi à..... ou je n'ai pas réussi..... parce que.......

C’est le début d’un intéressant chemin, il me semble, mais je suis tombée sur un rocher que je n’attendais pas …

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Réflexion à poursuivre....

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