CSI Doc Rock

Culture numérique et Education au numerique

  • Par csidoc
  • Le 26/05/2015
  • 0 commentaire

J'ai été très intéressée par le classement Top 30 des chaines FrancaisesYoutube qui corrobore une discussion que j’ai régulièrement avec mes collègues et qui est également au cœur de l’Education aux Médias. On me dit souvent que les “élèves ne savent pas chercher” en fin de primaire ou au collège, ce qui ne me parait ni incroyable, ni scandaleux dans la mesure ou à chaque fois, j’argumente “A quel moment leur a-t-on appris à chercher?” Il me semble en effet évident qu’on se laisse distancer par la génération des Digital natives qui certes sont hyper technologiques et hyper connectés, mais qui n’ont pas de recul critique, ni d’horizon d’apprentissages par rapport aux nouveaux supports. Ce n’est pas parce que nos élèves passent des heures devant un écran qu’ils ont acquis des habiletés de recherches et les codes de communication de ces nouveaux medias. médias. Michel Serres nous invite dans son ouvrage Petite Poucette à ne pas confondre habiletés palmaires et « neurones du numérique »  Le site http://www.asso-icare.fr/ proposait une enquête réalisée dans un collège autour du rapport aux écrans dans les années 2010 puis du rapport aux jeux vidéo.

Sites internet

 Il me parait évident que ce classement des chaines You tube est à mettre en perspective avec  les attentes du public des digital natives et de leur culture numérique. Internet est considéré comme une activité de loisir, qui facilitent seulement un accès à la demande à certaines vidéos (Norman, Cyprien, le rire jaune), mais qui relève de la consommation passive de l’écran. Internet apparait comme un dispositif de visionnage sans questionnement préalable ou d’interaction Une autre enquête du Forum d’Avignon parle de culture numérique mais semble la réduire à un accès exclusif à des données musicales ou vidéos.

L’autre dimension à prendre en compte c’est que la définition de culture par le biais d’Internet ou des réseaux sociaux est directement liée à l’empowerment (la prise de pouvoir) de chacun. Chaque personne derrière son écran est lui-même un media en puissance, avec une responsabilité par rapport aux messages et aux contenus qu’il publie. Norman est très fort à cet égard, car pur produit You tube, incarnation de la célébrité virtuelle, il opère régulièrement un retour critique sur la formule qui a fait son succès comme le montre la vidéo Internet de l’époque.

Je m’interroge régulièrement sur mon rôle par rapport à cette culture numérique, car il serait être question de se contenter d’un simple apprentissage de découverte des outils. Il me semble cependant que cette culture du numérique peut être un moment riche de coopération, les enfants sont très fiers de me faire découvrir leurs vidéos préférées You tube, ce qui se révèle parfois des moments douloureux pour moi, mais qui peut cependant amener d’autres discussions. La mise en place d’enquête sur les usages du numériques dans une classe ou des classements de leurs sites/ chaines/ réseaux sociaux préférés me semblent de bons indicateurs de la direction à donner à mes formations afin de permettre de comprendre la fabrique de ces nouveaux produits et de faire découvrir d’autres medias afin de diversifier leur vision du monde. Que font ces chaines Youtube, si ce n’est nous donner un instantané de la société comme le faisait les Guignols avant eux et demain feront les pureplayers comme Le Gorafi ? La véritable question est de s’interroger sur les ref lexions que nous voulons engager à partir de ses pratiques. Mon rôle d’enseignant passeur culturel, comme l’envisageait Jean-Michel Zakhartchouk  prend une dimension de « passeur numérique » à mi-chemin entre l’immédiat et le futur proche, mais qui permet d’envisager une véritable formation aux medias et à l’information dans une vision globale depuis la culture jeune numerique jusqu’à une véritable éducation au numérique.

 

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !